Pourquoi restaurer la chapelle Saint-Barnabé ? L’urgence et le sens du chantier.
Fermée au public, fragilisée par des désordres anciens et des matériaux inadaptés, la chapelle Saint-Barnabé a besoin d’une restauration claire : mettre hors d’eau, sécuriser la structure et rendre le lieu à la vie. Les diagnostics ont montré des fissures, des dévers et un jour sous voûte, sans défaut de portance du sol : le problème est surtout structurel (poussées latérales de charpente, absence de chaînage, fondations en moellons peu rigidifiées). Autrement dit, la maison tient encore debout, mais elle a besoin d’armature et de souffle pour durer.
Restaurer, c’est d’abord éviter la casse : reprendre la maçonnerie (remaillage, coulis de chaux), chaîner les murs, revoir la triangulation de charpente, refaire la voûte lambrissée trop faible, et remplacer les enduits ciment par des enduits de chaux respirants. La chaux, compatible avec le schiste, permet à l’humidité de circuler et stoppe le salpêtre qui ronge les soubassements. On y ajoute un drainage périphérique et une gestion de l’eau propre (sol intérieur plus bas, absence de gouttières) pour casser le cycle humide.
Restaurer, c’est aussi transmettre. Saint-Barnabé est une chapelle de frairie : un repère de hameaux, de liens et de mémoire. Son retable du XVIIᵉ et une statue sont inscrits aux Monuments historiques au titre d’objets ; l’édifice s’inscrit sur un chemin breton de Saint-Jacques (Rochefort-en-Terre → Redon). Rouvrir ce lieu, c’est reconnecter habitants, pèlerins et visiteurs à un patrimoine vivant, dans le respect de son affectation cultuelle.
Enfin, restaurer, c’est mobiliser intelligemment : aides publiques (Région Bretagne, dispositifs Restauration/Valorisation et Skoaz ouzh skoaz), mécénat, dons locaux. Le diagnostic 2013 chiffrant à l’époque un ordre de grandeur de 150 000 € devra être actualisé, mais la trajectoire est claire : phaser, financer, exécuter proprement. Chaque euro investi consolide la chapelle et réouvre un lieu d’accueil et d’héritage.

