Angélique Le Sourd et les prêtres réfractaires : récits d’une époque troublée
La Révolution impose serment et réforme ; en Bretagne, nombre de prêtres refusent et deviennent réfractaires. À Saint-Jacut-les-Pins, Angélique Le Sourd, née en 1767, se signale par son courage : catéchèse au grand air, secours aux plus pauvres, et surtout, soutien clandestin aux prêtres traqués. La chapelle sonne deux fois le tocsin pour prévenir des troupes, les cloches sont descendues, mais la prière et la solidarité ne s’éteignent pas.
Un manuscrit de 1920 du curé Guyot rapporte un épisode saisissant : messe à Saint-Barnabé, alerte d’une guetteuse (“les Bleus sont à la Vacherie !”), dissimulation de l’assemblée et sauvetage in extremis du célébrant, l’abbé Monnier. On y lit la ténacité d’un réseau discret — “âmes d’élite” — qui détourne la maréchaussée et protège les sacrements au péril de sa liberté.
L’autre versant de l’histoire est plus âpre : arrestations, déportations (l’abbé Jean Baron), violences et exils. Revenir à ces récits, c’est donner toute son ampleur au patrimoine immatériel de la frairie : des noms, des gestes, une mémoire qui justifient, aujourd’hui, de restaurer la chapelle comme trait d’union entre générations.

