Une chapelle de frairie : ce que cela signifie en Bretagne

À Saint-Jacut-les-Pins, Saint-Barnabé n’est pas qu’un joli volume de schiste sur un promontoire : c’est une chapelle de frairie. La frairie, c’est le cercle des hameaux qui s’agrègent autour d’un sanctuaire, avec ses usages, ses rendez-vous, sa sociabilité. Ici, la frairie regroupe Couesnongle, Laugarel, la Vacherie, la Grée de Couesnongle, la Grée Saint-Barnabé, Caléon, Bel Air, le Temple, la Gare : une géographie de voisinages où la chapelle donne un centre et un rythme.

La frairie n’est pas une subdivision administrative moderne. C’est une institution coutumière, plus ancienne que la Révolution, ancrée dans le religieux autant que dans l’organisation rurale : pardon, entraide, décisions communes. Bien que la Révolution ait bousculé cet ordre, la logique de frairie survit dans bien des communes, comme une mémoire sociale active attachée à “sa” chapelle.

Comprendre cette notion éclaire la restauration en cours : il ne s’agit pas seulement de remettre d’aplomb un bâtiment, mais de réactiver un lieu de cohésion — un repère qui articule histoire locale, rites, et vie associative contemporaine. C’est tout l’enjeu : restaurer la pierre pour resserrer la trame humaine.

Tugdual Ruellan

Tugdual Ruellan

Journaliste et conseil en communication, Tugdual Ruellan documente depuis plus de trente ans les initiatives locales, l’Économie Sociale et Solidaire, et les parcours humains. Auteur de plusieurs ouvrages sur la Bretagne et ses entreprises (La Belle-Iloise, Parcs naturels de Bretagne, Even…), il est aussi un collaborateur de longue date du quotidien Ouest-France et du site web Histoires Ordinaires. Installé à Saint-Jacut-les-Pins, il s’implique dans la vie associative et le récit des territoires. Ici, il partage l’aventure collective de la Chapelle Saint-Barnabé et celles et ceux qui la font vivre.

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