Enduits de chaux : pourquoi on abandonne le ciment
Sur la chapelle, les enduits ciment posés au XXᵉ siècle ont bloqué les échanges d’humidité : les murs ne “respirent” plus, l’eau stagne, le salpêtre apparaît en soubassement et l’enduit se cloque. Les diagnostics 2013 sont explicites : l’enduit ciment est néfaste à la conservation des maçonneries de schiste et il faut déposer ces enduits pour revenir à un enduit de chaux naturelle + sable. La chaux est capillaire et réversible : elle laisse diffuser l’humidité, limite les sels et protège la pierre sans la brutaliser.
Techniquement, la séquence est claire : piquage complet de l’enduit ciment (extérieur et points sensibles à l’intérieur), reprise des joints dégradés, assainissement par gestion de l’eau (gouttières, sol intérieur plus bas que l’extérieur), puis application d’un enduit à la chaux (corps d’enduit + finition; badigeon possible). Ces gestes simples, éprouvés sur le bâti ancien, redonnent un cycle hygrométrique sain aux murs. L’impact visuel est aussi réel : la texture de l’enduit à la chaux et sa teinte minérale s’harmonisent avec le schiste.
À moyen terme, l’abandon du ciment conditionne la durabilité de tout le reste : remaillage de fissures, coulis de chaux dans la maçonnerie, chaînage… Si l’enveloppe respire, les tensions internes diminuent, le salpêtre recule, l’entretien devient préventif et non plus curatif.
